Le Symbolisme
Le Docteur Gachet, 1890) ou celui de la nature (La Nuit étoilée sur le Rhône, 1888), mais il les fait passer par son imagination et les représentations qu'il en donne sont ainsi transposées, prenant même parfois une apparence étrange ; à la faveur de cette transmutation, elles livrent une part de la face cachée des choses, et c'est par une certaine manière de déterminer la forme et par le choix des couleurs que Van Gogh fait affleurer les réalités qui ne sont pas du monde visible : par exemple lorsqu'il fait onduler les formes pour traduire l'élan vital ou lorsqu'il répand les jaunes opulents pour exprimer la plénitude de l'énergie solaire, la joie de l'âme et le mirage oriental.
Le Bon Samaritain, qui s'arrête pour secourir le blessé rencontré au bord de la route, cette route qui s'en va, dans l'indifférence des choses, partagée par un passant qui tourne le dos. Mais il alla chercher aussi la Pietà, où la Douleur, l'Amour et Dieu combinent leur présence, en un raccourci où se reconnaissait son âme. Alors les apparences physiques se donnent à lui, se font siennes; elles deviennent translucides, elles laissent voir la merveilleuse union qui s'accomplit entre le cœur de Van Gogh et le cœur des choses pour lui ouvrir la voie qu'il cherche et qu'il désigne de deux termes : l'infini et Dieu...
Tournesols.
